Editorial (Mars 2011) Amis lecteurs, en cette période pour le moins mouvementée où l'actualité nous égrène les derniers bains de sang perpétrés par les armes ou par Mère Nature, il m'aurait été fort simple de choisir un thème d'éditorial pour mettre en évidence ici une incohérence, là-bas une contre-vérité ou tout simplement souligner la hausse des tirages de la presse à sensation. Alors dans cette soupe aux cailloux où la seule chose qui semble rassurer les foules est la peur, j'avais envie de souligner le centenaire de la naissance de Tennessee Williams, l'auteur inégalé de "La Ménagerie de Verre", "Un Tramway nommé Désir", "La Chatte sur un Toit brûlant" ou encore sa deuxième pièce, injustement méconnue, "27 wagons remplis de coton".
Officiellement, il serait mort étranglé par le bouchon d'un flacon de médicaments, curieuse mort que très peu se vantent de croire. Mais qui se soucie de la mort d'un auteur de génie en comparaison de la mort d'une actrice blonde dont la robe se soulève au passage du métro ? Elle avait sa beauté modelée par sa peau tandis qu'il avait la beauté scarifiée sur le cœur.
Ses personnages furent tous, à mon sens, une facette de la solitude qui en rencontrait d'autres. Ce constat pourrait ne mener à rien, mais dans l'écriture de Tennessee Williams, ses personnages devenaient les héros d'une société en excès et surtout les porte-drapeaux des cœurs disloqués. Et pourtant, chacun de ses textes est un plébiscite vers les autres et une ode aux acteurs. Jouer ses mots, c'est déjà partager !
Et Michel Berger avait raison, nous avons tous en nous quelque chose de Tennessee…
Eric Lefèvre |








